Soins et toilettage
Donner un comprimé à son chat
Le geste dure dix secondes quand il est bien fait, trois quarts d’heure quand il est mal engagé. Et il se termine toujours par la même chose : un peu d’eau ou une bouchée, jamais un comprimé sec laissé à lui même.
La main gauche coiffe la tête et bascule le museau vers le plafond : la mâchoire s’entrouvre presque seule.
L’essentiel en trente secondes
- Faites toujours suivre un comprimé sec de 3 à 6 ml d’eau à la seringue ou d’une bouchée de nourriture : chez le chat, un comprimé peut stagner dans l’œsophage et l’irriter gravement.
- La position clé consiste à basculer le museau vers le plafond, à quarante-cinq degrés : la mâchoire inférieure s’ouvre alors sans forcer.
- Le comprimé se dépose au fond de la langue, le plus loin possible ; déposé devant, il est recraché neuf fois sur dix.
- N’écrasez jamais un comprimé sans avoir demandé : les formes à libération prolongée et gastro-résistantes perdent leur effet ou deviennent dangereuses.
- Deux séances ratées suffisent à créer un chat impossible à traiter : mieux vaut appeler le cabinet dès la première difficulté.
Ce qu’on prépare avant de sortir le chat
La règle la plus utile de cette page ne concerne ni la prise ni la position, mais ce qui vient après. Chez le chat, un comprimé donné à sec peut rester bloqué dans l’œsophage plusieurs minutes, voire davantage. Certaines molécules, en particulier des antibiotiques de la famille des cyclines, provoquent alors une inflammation locale qui peut aller jusqu’au rétrécissement de l’œsophage. Cette complication est rare, mais elle est grave et parfaitement évitable.
La parade tient en une phrase : après chaque comprimé sec, on fait avaler trois à six millilitres d’eau avec une petite seringue sans aiguille, ou on donne immédiatement une bouchée de pâtée. Le comprimé descend, l’affaire est close. Cette seringue se demande gratuitement dans n’importe quelle pharmacie, et elle a sa place dans l’armoire du chat au même titre que le coupe griffes.
- Le comprimé, déjà sorti de sa plaquette et coupé si nécessaire
- Une seringue de 5 ml sans aiguille, remplie d’eau
- Une friandise molle très appétente, ou une cuillère de pâtée
- Une serviette épaisse, à portée de main
- Un coupe comprimé, si la dose est une moitié ou un quart
| Méthode | Quand la choisir | Sa limite |
|---|---|---|
| Comprimé caché dans un aliment | Chat gourmand, traitement court, comprimé sans enrobage particulier | Le chat finit souvent par trier au bout de quelques jours |
| Administration directe à la main | Chat manipulable, traitement long, dose précise à garantir | Demande deux mains libres et un chat qui ne mord pas |
| Lance-comprimé à embout souple | Chat qui mord ou qui griffe, personne seule | Embout à ne jamais enfoncer au-delà de la base de la langue |
Méthode 1 : le cacher, proprement
C’est la méthode la plus douce, et elle fonctionne chez une bonne moitié des chats à condition de respecter trois règles. D’abord, le support doit être très odorant et gras : une noisette de pâté pour chat, du beurre, un morceau de fromage frais, une friandise creuse prévue pour cela. Ensuite, la quantité doit être minuscule, une bouchée avalée d’un coup et non une gamelle dans laquelle le chat trie.
La troisième règle est la moins connue : donnez trois bouchées, la deuxième seulement contenant le comprimé. Le chat avale la première sans méfiance, la deuxième dans l’élan, et la troisième chasse ce qui reste. Un chat qui reçoit directement la bouchée piégée l’examine, la mâche, découvre l’amertume, et refusera le même support pendant des mois.
Ne mélangez jamais un médicament à la ration entière. Si le chat ne finit pas sa gamelle, vous ne savez pas quelle dose il a reçue, et vous venez d’associer durablement sa nourriture principale à un mauvais goût. C’est le meilleur moyen de créer un chat qui refuse ses croquettes pendant une semaine.
Méthode 2 : la technique à sec
Quand le comprimé ne peut pas être caché, ou quand le chat a déjà démasqué la ruse, il faut le donner directement. Le geste n’a rien de brutal : il repose entièrement sur une bascule de la tête qui ouvre la mâchoire toute seule.
Quand le museau d’un chat pointe vers le plafond, sa mâchoire inférieure se relâche et s’entrouvre spontanément. Vous n’avez donc pas à forcer l’ouverture : vous accompagnez d’un doigt, vous déposez, vous refermez. Toute la difficulté consiste à obtenir cette bascule sans serrer, avec une main posée sur le dessus du crâne et non sous la gorge.
Le geste en six temps
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Installer le chat contre soi
Sur une table à hauteur de coude, dos contre votre ventre, ou sur vos genoux dans le même sens que vous. Le chat doit sentir un mur derrière lui : c’est ce qui l’empêche de reculer, et cela vaut mieux que de le tenir.
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Coiffer la tête par le dessus
Posez la main gauche sur le crâne, pouce d’un côté et majeur de l’autre, juste derrière les canines supérieures, au niveau des pommettes. Cette prise ne serre pas, elle guide.
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Basculer vers le plafond
Levez doucement le museau jusqu’à ce qu’il pointe vers le haut. La mâchoire inférieure s’entrouvre d’elle même : abaissez la d’un demi centimètre avec l’auriculaire ou l’index de l’autre main.
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Déposer au fond
Placez le comprimé le plus loin possible sur la base de la langue, en visant la ligne médiane. Un comprimé déposé sur le devant sera poussé dehors par la langue en une seconde.
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Refermer et déclencher la déglutition
Fermez la gueule, ramenez la tête à l’horizontale et caressez la gorge de haut en bas, ou soufflez brièvement sur la truffe. Le chat déglutit, puis se lèche la truffe : ce coup de langue est votre confirmation.
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Faire descendre avec de l’eau
Glissez la seringue dans l’espace derrière la canine, jamais de face, et instillez trois à six millilitres d’eau lentement, en laissant le chat déglutir. Puis la friandise, immédiatement. C’est le dernier geste, et c’est le plus important.
Méthode 3 : le lance-comprimé
Le lance comprimé, parfois appelé pilulier ou pince à comprimés, est une tige creuse terminée par un embout souple qui tient le comprimé et le libère au fond de la gueule quand on pousse le piston. Il évite de mettre les doigts dans la bouche, ce qui change tout avec un chat qui mord.
Deux précautions s’imposent. Choisissez un modèle à embout souple, en caoutchouc, car un embout rigide peut blesser le palais d’un chat qui bouge au mauvais moment. Et ne l’enfoncez pas jusqu’au fond de la gorge : il se place derrière la base de la langue, pas plus loin. Là encore, l’eau après le comprimé reste obligatoire.
Dernier recours quand rien ne fonctionne : parlez de la difficulté au cabinet. Beaucoup de traitements existent sous une autre forme, pâte appétente, solution buvable, comprimé aromatisé, injection à effet prolongé, ou parfois transdermique. Personne ne mérite de transformer chaque soirée en combat, et un chat qui ne reçoit que la moitié de son traitement n’est pas soigné. Si votre chat est déjà difficile à manipuler, le travail sur la caisse de transport repose exactement sur la même logique de progression.
Questions fréquentes
Peut-on écraser un comprimé pour le mélanger à la nourriture ?
Pas sans avoir demandé au vétérinaire. Les formes à libération prolongée, gastro-résistantes ou pelliculées perdent leur effet ou irritent l’estomac une fois écrasées, et beaucoup de principes actifs sont très amers, ce qui fait refuser la gamelle entière.
Que faire si mon chat recrache le comprimé à chaque fois ?
Le plus souvent, le comprimé n’était pas déposé assez au fond de la langue. Visez la base de la langue, refermez la gueule et caressez la gorge jusqu’à ce que le chat se lèche la truffe, ce qui signe la déglutition.
Pourquoi faut-il donner de l’eau après un comprimé à un chat ?
Parce qu’un comprimé sec peut stagner dans l’œsophage du chat et provoquer une inflammation, notamment avec certains antibiotiques. Trois à six millilitres d’eau à la seringue, ou une bouchée de pâtée, suffisent à le faire descendre.
Comment donner un comprimé à un chat qui griffe et mord ?
En l’enveloppant dans une serviette qui ne laisse dépasser que la tête, ou en utilisant un lance-comprimé à embout souple pour ne pas mettre les doigts dans la bouche. Si cela reste impossible, il faut demander une autre forme du médicament.
Puis-je donner un médicament humain à mon chat en attendant ?
Jamais. Le paracétamol est mortel pour le chat à très faible dose, et l’ibuprofène provoque des lésions rénales et digestives graves. Aucun médicament de votre armoire ne doit être donné sans prescription vétérinaire.
Combien de temps faut-il attendre avant de nourrir le chat ?
Cela dépend du médicament : certains se donnent au cours du repas, d’autres à jeun. En l’absence de consigne particulière, donner une petite bouchée juste après le comprimé est une bonne chose, car elle aide à le faire descendre.
Le rappel qui compte
Un traitement se donne selon la prescription, à la dose et à la durée indiquées, même si l’animal semble aller mieux. Ne modifiez jamais une posologie et ne réutilisez jamais un reste de traitement d’un autre animal.
Si vous ne parvenez pas à administrer un médicament, prévenez le vétérinaire plutôt que d’abandonner le traitement : il existe presque toujours une autre forme galénique.